Chez Simon, le coiffeur israélo marocain de toute la famille

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Dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, Simon Benbaruk a créé un salon de coiffure à son image : cool, chic et convivial. Il y accueille les enfants, mais aussi les ados et leurs parents, dans une joyeuse atmosphère de cour d’école.

En passant dans la rue Vavin, il est impossible de rater la devanture d’un rouge flamboyant et son super-héros grandeur nature en vitrine (actuellement Superman, qui a remplacé Wonder Woman). Institution du quartier depuis trente ans, ce lieu n’est pas à proprement parler un salon de coiffure « pour enfants ». On y accueille, bien entendu, les petits (à partir de 16 mois), mais aussi les adolescents et les parents. D’ailleurs, la promesse s’inscrit clairement sur la façade : « Simon coiffeur de famille ».

Simon, c’est Simon Benbaruk, garçon affable qui a la politesse d’entrer dans le salon derrière son sourire. Sage comme une image, Tom vient de se faire couper les cheveux. Le garçonnet de 6 ans tient fièrement dans sa main la sucette rouge en forme de cœur, juste récompense de sa patience d’ange.

Idée simple mais révolutionnaire

Même s’il se contente de faire des shampoings et de balayer les cheveux, l’atmosphère lui plaît, le contact avec les clients aussi. Le métier rentre vite, au point qu’à la fin il est débauché par le premier salon de coiffure pour enfants en Europe : Au pays d’Oscar. Un passage, quelques années plus tard, chez Bonton, le concept store pour les tout-petits, à la demande duquel le jeune homme crée de toutes pièces un salon de coiffure, lui permet de préciser un peu plus son idée. Son ambition est simple mais plutôt révolutionnaire : couper les cheveux des enfants, et proposer aux parents de profiter de ce temps-là pour se faire coiffer eux aussi. Et il y croit dur comme fer.

« L’habitude a commencé chez Bonton : une maman m’a demandé un jour si je pouvais lui couper les cheveux en même temps que ses enfants, juste en dépannage, et l’idée m’est soudain venue. » Après avoir racheté le salon Au pays d’Oscar à son ancien patron, en 1996, il se jette dans l’aventure. Pour inventer ce lieu intergénérationnel, il s’entoure de débutants qui n’ont pour eux que leur enthousiasme : Franklin Azzi pour l’architecture (à qui l’on doit les boutiques d’Isabel Marant à Los Angeles et de Jérôme Dreyfuss à Londres) et Domitille Brion (cocréatrice du label Soeur) pour le design. Sans oublier l’illustratrice Marie Perron, ex-styliste de Kenzo, qui a repeint les miroirs avec des scènes de l’enfance. Au milieu de la boutique s’étale une vaste banquette rouge, où viennent s’agglutiner les gamins pour regarder un dessin animé de Mickey de 1928.

Le salon ne désemplit pas. « Le samedi, nous pouvons faire jusqu’à 90 coupes à nous trois », explique Simon (soit, le double d’un salon traditionnel). Les deux coiffeuses, Karima et Aida, complètent le trio. Sous ses airs de grande improvisation, la mécanique est bien huilée et les rendez-vous s’enchaînent à un rythme métronomique. « Il faut que ça aille vite avec les enfants, pas plus de quinze minutes pour une coupe », précise Simon, qui se félicite d’avoir, dans sa clientèle sympathique, peu de cabotins.

Ne cherchez pas de catalogue de modèles de coupes de cheveux comme chez Dessange ou Jean Louis David : il n’y en a pas. « J’observe, je discute avec l’enfant et le parent, et l’intuition fait le reste », précise le coiffeur, qui se méfie un peu de la figure du kidster. Chic, peut-être, mais pas snob. Dans ce salon cool qui ressemble davantage à une aire de jeux qu’à un lieu de labeur, on croise une faune un peu trendy, des familles du quartier plus traditionnelles et une poignée de people, aussi. On y aperçoit régulièrement Gad Elmaleh ou Vincent Elbaz avec leurs enfants, ainsi que le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Jamais à court d’idées, Simon Benbaruk finalise en ce moment le lancement de sa propre marque de produits capillaires pour enfants et s’apprête à ouvrir un deuxième salon, dans le 16e arrondissement. A 55 ans, ce père de deux adolescents s’étonne encore de tout ce qui lui arrive : « Je coiffe désormais les enfants de mes premiers clients, c’est insensé ! » Il fait tellement partie du paysage que des enfants qu’il a coiffés viennent le saluer en sortant de la fac, que des parents lui demandent des conseils pour l’éducation de leur progéniture et qu’il n’est pas rare qu’il convie certains d’entre eux à fêter shabbat chez lui. Une histoire de famille, on vous dit.

Simon coiffeur de famille, 16, rue Vavin, Paris 6e. Tél. : 01-53-10-08-12. Ouvert du lundi au samedi, de 10 heures à 19 heures.

Source lemonde

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