Taha Bouhafs accusé de violences sexuelles : grosse galère pour Mélenchon

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La France insoumise a annoncé ce mercredi avoir ouvert une enquête interne après des accusations de violences sexuelles à l’encontre du journaliste et militant Taha Bouhafs, qui avait retiré mardi sa candidature aux législatives dans le Rhône.

L’affaire est délicate pour La France insoumise qui aurait sans doute espéré meilleur lancement de sa séquence des législatives. Ce mercredi, quelques heures après avoir dévoilé la quasi-totalité de ses candidats, la formation de Jean-Luc Mélenchon a annoncé avoir ouvert une enquête interne après des accusations de harcèlement et de violences sexuelles à l’encontre du journaliste et militant Taha Bouhafs, pressenti jusqu’à lundi pour être investi par LFI à Vénissieux (Rhône) comme candidat de la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale (Nupes). Selon les informations de BFMTV et Mediapart, que nous avons pu confirmer, au moins trois personnes ont témoigné contre le jeune homme de 25 ans.

Samedi 7 mai, le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles interne à LFI, est saisi du témoignage d’une femme « relatant des faits supposés de violences sexuelles ». En « urgence », Taha Bouhafs est entendu dans la soirée du lundi 9 mai pour être confronté à ces accusations face aux députées LFI Mathilde Panot et Clémentine Autain. Il lui est alors signifié, qu’« en raison de la gravité des faits supposés », il pourrait ne pas être investi aux législatives. Finalement, dans la nuit de lundi à mardi, Taha Bouhafs annonce sur Twitter y renoncer de lui-même, expliquant subir « une campagne d’attaques sans précédent » mais ne faisant pas mention de témoignages le visant.

Les cadres insoumis pas au courant

« La procédure n’est pas allée à son terme puisque Taha Bouhafs a fait le choix de se retirer de lui-même » nous confie Clémentine Autain qui ajoute que LFI est également « en contact avec une autre plaignante qui est en train de rédiger un second signalement » visant Bouhafs. La militante féministe Caroline de Haas, qui soutient LFI, nous confirme par ailleurs avoir effectué, début mai, un signalement au mouvement sur la base de deux témoignages de personnes ne se connaissant pas. « L’un porte sur des messages privés agressifs à l’égard d’une membre du milieu associatif. L’autre est un témoignage écrit, précis et circonstancié sur des violences psychologiques et également des faits de viol » dit-elle.

Des remontées dont les cadres insoumis n’étaient pas au courant insistent plusieurs sources à LFI. Ce qui expliquerait les nombreux messages de soutien à Bouhafs envoyés mardi encore. À commencer par celui de Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : « Une meute s’est acharnée contre lui (…) Je m’en veux de ne pas avoir su le réconforter autant que nécessaire ». Une référence aux appels de ces derniers jours intimant au jeune militant de se retirer en raison, notamment, de sa condamnation en première instance, en 2021, pour « injure publique à raison de l’origine » après avoir qualifié d’« arabe de service » la syndicaliste policière Linda Kebbab.

Mélenchon « est tombé de sa chaise »

Ce mercredi, l’ex-candidat à la présidentielle a envoyé un nouveau tweet pour assurer qu’il découvrait les faits. « J’apprends les accusations contre Taha Bouhafs. La parole des femmes doit être entendue sérieusement. Je compte sur la commission ad hoc de LFI pour établir la vérité. Cela n’exempte pas les racistes qui l’ont harcelé » écrit Mélenchon. « Quand il a appris la nouvelle à la mi-journée il est tombé de sa chaise » assure une Insoumise. Une proche confirme : « Le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles ne donne jamais d’informations à l’extérieur pour préserver la confidentialité des plaignantes. Il n’était pas au courant ».

Après cette journée de turbulences, le leader insoumis est attendu ce jeudi soir à Marseille pour un « apéro » militant. Il dira notamment s’il se représente ou non dans sa circonscription et détaillera le plan de bataille à venir pour les législatives.

Source leparisien

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