Islamisme : le silence assourdissant des alliés de la France

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The Spectator salue la volonté d’Emmanuel Macron de défendre les valeurs de la République. Mais dans cette lutte, le président est “honteusement” lâché par ses homologues européens.

“Macron, seul”. En une de son édition du 14 novembre, l’hebdomadaire britannique The Spectator revisite La Liberté guidant le peuple. Mais dans la version 2020 du célèbre tableau d’Eugène Delacroix, le président français ne guide pas grand monde, regrette l’essayiste conservateur Douglas Murray dans les colonnes du magazine britannique. En pleine lutte contre l’islamisme radical et pour les valeurs de la République, le chef de l’État se retrouve bien seul. Angela Merkel et Boris Johnson, en arrière-plan de l’illustration, préfèrent regarder ailleurs. “S’il s’est déjà attiré les foudres d’une grande partie du prétendu monde musulman”, notamment du président turc Recep Tayyip Erdogan, “c’est le silence des pays européens qui est le plus frappant”.

Dans le sillage des attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice, le locataire de l’Élysée semble sérieusement vouloir défendre les valeurs de la République, la liberté d’expression et la liberté de croire ou de ne pas croire, salue Douglas Murray. “D’habitude, ces discours ne sont pas suivis d’effets, on dit ‘je suis Charlie’ puis on oublie.”

“Nous devrions avoir honte”

Depuis son discours sur le séparatisme fin octobre, Emmanuel Macron a joint les actes à la parole, en rappelant l’ambassadeur de France en Turquie et en dissolvant plusieurs organisations radicales sur le territoire hexagonal. Mais une question demeure : “Où sont les alliés de la France ? Où est passé le gouvernement allemand ? Honteusement pour nous, le gouvernement du Royaume-Uni est resté silencieux.” Seul Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, a apporté son soutien explicite à Paris, constate Douglas Murray. Le chef du gouvernement canadien, Justin Trudeau, a quant à lui “semblé prendre le parti d’Erdogan en soutenant que la liberté d’expression n’était pas sans limites”.

Peut-être les homologues de Macron ont-ils peur, avance le Britannique. “En tout cas, lui non. Il a décidé – et peu importe que ce soit sincère ou motivé par des calculs politiques – de défendre les principes de la République qu’il gouverne. À cette heure, sans même un mot de soutien de notre part. C’est nous qui devrions avoir honte, pas lui.”

“Le Spectateur” est une institution de la presse britannique. Fondé en 1828, c’est le journal de référence des intellectuels et dirigeants conservateurs, mais aussi des eurosceptiques : The Spectator a soutenu la sortie de l’Union

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