Transmission de la mémoire de la Shoah : 300 jeunes en voyage d’études à Auschwitz

Dans le cadre d’un voyage d’études organisé en partenariat par la Région Grand Est, les Rectorats des Académies de Strasbourg, de Nancy-Metz et de Reims et le Mémorial de la Shoah quelque 300 jeunes, lycéens pour la plupart, de 11 établissements du Grand Est se sont rendus mercredi et jeudi dernier en Pologne pour visiter le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz.

Parmi cette délégation des élèves vosgiens, de l’EREA (établissement régional d’enseignement adapté) François Georgin à Epinal, et une élue du département également : Elisabeth Del Genini, conseillère régionale et vice-présidente de la commission jeunesse de la région Grand Est.

Un voyage qui s’inscrit dans une démarche de la transmission de la mémoire de la ShoahDepuis 2008, près de 1 800 élèves de première et de terminale de la grande région se sont ainsi déplacés ont ainsi visité plusieurs sites sur place, se sont recueillis, non sans avoir préparé leur voyage au préalable depuis plusieurs mois. Des restitutions seront également organisées sous diverses formes : expositions, interventions, réalisations de films, livrets et panneaux, conception de supports multimédia…

Pour Jean Rottner, président de la Région Grand Est : « La transmission de la mémoire collective constitue une priorité pour l’avenir de notre société » et le partenariat avec le Mémorial de la Shoah a été reconduit pour une durée de trois ans, moyennant une subvention annuelle de 125 000 €.

Source viavosges

« Ici, nous allons passer bien plus de temps que l’immense majorité des déportés. » Les lycéens s’observent sans bien comprendre. À Auschwitz-Birkenau, le camp de la mort conçu pour exterminer tous les Juifs d’Europe, les élèves savent pourtant qu’ils ne resteront qu’un peu plus de deux heures. L’après-midi, à deux kilomètres de là, ils seront sur le site d’Auschwitz 1. « Nous étions 1.500 dans notre transport », explique Ginette Kolinka, une ancienne déportée venue de Paris avec des guides du Mémorial de la Shoah, pour livrer sa parole. Et quelle parole pour cette femme de 94 ans aux mots fermes et au cœur bienveillant. « Sur ces 1.500, il y avait 800 femmes. 91 sont entrées dans le camp. » Dont Ginette, 19 ans en ce jour d’avril 1944. « Moi, j’ai eu de la chance. Je n’ai que ce mot pour expliquer. Car, chaque jour, la sélection se poursuivait. Les nazis avaient droit de vie et de mort sur nous. » Quinze mois de camp. Une arrivée de nuit au milieu de nulle part. Avec elle, son père, son petit frère de 7 ans et son neveu de 14 ans. De cette nuit, elle ne les a jamais plus revus.

Les mots et l’énergie de Ginette Kolinka ont traversé chaque lycéen présent. Et plus encore ceux des classes des lycées Fabert et Schuman de Metz qui ont eu la chance de l’avoir comme guide particulier.

Deux jours de suite, près de trois cents lycéens alsaciens, puis lorrains et champardenais ont découvert, une journée durant, Birkenau et Auschwitz. La région Grand Est, très attachée à cette transmission de la mémoire, finance chaque année ces déplacements à la suite d’un appel à projets auprès des établissements. Sur trente candidats, onze ont été sélectionnés en partenariat avec le Mémorial de la Shoah à Paris. Dans les bus, avant l’arrivée au camp, l’avertissement est sans appel. « Ceci n’est ni un voyage scolaire ni du tourisme. Vous avez tous signé une charte du respect. Nous vous demandons d’y veiller. » Sur place, les regards en disaient long sur l’émotion ressentie.

« Tout était bien pire »

« Dites-vous bien que tout ce que vous allez voir, tout ce que vous allez entendre sera toujours en dessous de la réalité, rappelle sans cesse Ginette. Car tout était bien pire. » Le ciel bleu du jour, la neige verglacée presque immaculée, le silence respectueux des visiteurs est trompeur. « Moi, quand je viens à Birkenau, je vois de la boue, des déportés creuser ces fossés, des nazis frapper des hommes à terre. J’entends leurs chiens hurler et les cris. Ni les mots ni les images ne pourront vous faire partager ce que j’ai vécu. On n’a pas idée de ce que les nazis ont pu faire par haine, de ce qu’ils nous ont fait supporter. Plus je vieillis, plus je suis horrifiée de ce que peut faire un humain à un autre être humain. »

Si, effectivement personne ne peut imaginer cette horreur, « chacun peut et doit faire savoir ce qui s’est passé », ajoute Véronique Marchet, présidente de la Commission formation professionnelle de la Région. « C’est pour cela que nous voulons emmener le plus de jeunes possible, qu’ils deviennent passeur de mémoire et témoignent. »

Source estrepublicain

1 Comment

  1. Je n’y ai jamais été parce que me connaissant, je ne dormirai jamais d’un bon sommeil, j’ai peur de voir que ce qu’ont fait les monstres nazis et j’ai encore plus peur de savoir qu’ISRAEL pourra être en danger un jour et je demande aux responsables militaires israéliens de détruire le ou les pays qui nous attaqueront. Jean LEMIEL

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