Une femme expulsée d’un wagon pour la prière des Haredim : elle porte l’affaire en justice

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Maya Melitz
Une femme de Jérusalem poursuit les Chemins de Fer Israéliens après avoir déclaré qu’elle avait été invitée à changer de wagon pour permettre à des passagers ultra-orthodoxes de prier dans le train.

Selon Maya Melitz, en décembre 2018, elle était dans un train allant de Jérusalem à l’aéroport Ben Gourion lorsqu’elle a été abordée par un membre du personnel qui lui a déclaré que sa présence était une distraction pour les hommes qui voulaient prier, et qui lui a donc demandé de changer de wagon.

Maya Melitz raconte qu’elle a refusé au motif que le train était un espace public, mais le membre du personnel a répété sa demande, puis a rejoint les hommes Haredi dans leur prière. « J’ai été choquée« , raconte Melitz. « Puis j’ai été blessée que ma simple présence en tant que femme soit considérée comme une perturbation, et je me suis finalement déplacée vers une autre voiture. »

Maya Mlitz porte plainte

Maya Melitz a déposé une plainte auprès des Chemins de Fer Israéliens avec l’aide de l’organisation du Mouvement Israélien pour le judaïsme progressiste (IMPJ) et a demandé à la compagnie de donner des instructions claires à tous les employés concernant leur devoir de traiter tous les passagers de manière égale, quel que soit leur sexe, et de leur interdire de demander à des femmes de se déplacer pour satisfaire aux désirs des haredim. Elle a également demandé une compensation financière pour la discrimination subie.

Pendant un an, Melitz n’a reçu aucune réponse de la part des Chemins de Fer Israéliens concernant sa plainte et a donc par la suite déposé une plainte auprès du tribunal de district de Jérusalem, réclamant une compensation financière de 66 000 NIS (environ 18 000 €).

« Il est absurde qu’une femme qui veut simplement prendre le train soit invitée par un employé à se déplacer dans une autre voiture car son existence même perturbe les prières des hommes », explique Miri Nahmias, avocate à la branche juridique de l’IMPJ, le Centre d’action religieuse d’Israël. « Il est difficile de croire qu’en 2020 nous devons encore nous battre pour notre droit d’être présentes dans un espace public. »

Michal Gera Margaliot, directrice exécutive d’Israel Women’s Network, un groupe de bénévoles qui œuvre pour promouvoir les droits des femmes en Israël, dit que l’expérience de Melitz n’est pas isolée. « Ce n’est pas le premier témoignage que nous avons reçu concernant les transports publics en Israël », dit-elle. « Les organisations publiques doivent s’assurer qu’aucune femme n’est discriminée. »

Réponse de Chemins de Fer Israéliens

En réponse à ces allégations, les Chemins de Fer Israéliens ont déclaré qu’ils étaient « déterminés à fournir un service égal à tous leurs clients, et qu’à ce titre, toute personne est autorisée à s’asseoir où elle le souhaite. D’après une enquête approfondie que nous avons menée sur l’événement, nous avons conclu que les événements décrits dans le procès sont sensiblement différents de ce qui s’est réellement passé. »

Selon Israel Railways, c’est Melitz qui s’est tournée vers un membre du personnel, disant que la prière la dérangeait. « Le membre du personnel lui a alors proposé de se déplacer vers une autre voiture; elle n’a en aucun cas reçu l’ordre de le faire », a expliqué le porte-parole des Chemins de Fer Israéliens »

Parole contre parole, le tribunal jugera. Mais on peut se demander pourquoi Maya Melitz se serait tellement obstinée à faire reconnaître son droit à voyager tranquillement, sans qu’on lui demande de céder la place aux haredim, si ce n’était pas la stricte vérité. On connaît la propension des divers services de transports israéliens à favoriser les hommes haredim, et il est plus que temps que cela cesse.

Line Tubiana

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