À Brest, l’école Simone-Veil inaugurée par ses deux fils

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La maternelle Lyon et l’élémentaire Algésiras ont fusionné. Le nouvel établissement a pris le nom de la célèbre femme politique, tant aimée des Français. Ses enfants étaient là, ce vendredi 11 octobre 2019, pour l’inauguration. Émotion…

Reportage

« C’est très émouvant et touchant. » Hier, les fils de Simone Veil – Jean, l’aîné, et Pierre-François, le benjamin (*) – ont inauguré l’école qui porte le nom de leur mère, place Fautras, près de la cité scolaire de l’Harteloire.

« Notre père était assez sévère sur les notes. Maman était plus attentive au comportement et aux valeurs », explique Jean, qui a sauté une classe en primaire… avant de redoubler sa 6e. Il est désormais (célèbre) avocat, comme son frère.

L’établissement (224 élèves) est issu du regroupement de la maternelle Lyon, fermée car trop vétuste, et de l’élémentaire Algésiras. De gros travaux ont été engagés par la Ville, réalisés par le cabinet d’architectes nantais Bigre, pour 3,7 millions d’euros.

Rescapée de la Shoah, Simone Veil est décédée il y a deux ans, à l’âge de 89 ans. Elle est connue pour son combat courageux comme ministre de la Santé pour l’interruption volontaire de grossesse, en 1975. Elle a été présidente du parlement européen.

« Doubler Jules Ferry »

Depuis le décès de Simone Veil, la famille reçoit beaucoup de demandes pour apposer le nom de la grande dame au fronton des écoles, ou le donner à des rues, boulevards, places, ronds-points, espaces verts, et même salles d’audience car elle a aussi été magistrate, etc.. « Entre deux à trois demandes par jour ! » s’exclame Jean Veil.

« Parfois, on a le sentiment qu’elle va finir par doubler Jules Ferry ! s’amuse Pierre-François Veil, C’est une grande fierté mais aussi un sentiment étrange car on ne s’y attendait pas du tout. Ça manifeste, pour notre mère, une affection que nous n’imaginions pas à ce point.

Jean Veil ajoute : « On refuse quand il s’agit d’équipements privés, mais aussi sportifs car maman détestait le sport ! » La famille fait aussi très attention à ce que le nom de leur mère (ou grand-mère) ne vienne pas détrôner celui d’autres personnalités célèbres.

Dormir dans un sous-marin ?

Les deux frères ne peuvent se rendre à chaque inauguration. Pourquoi sont-ils venus à Brest ? Jean, qui n’avait jamais vu Brest, reconnaît : « C’est une grande et belle ville ». Il glisse : « ça m’aurait intéressé de dormir dans un sous-marin. Mais cela n’a pas été possible. Comme j’avais dit oui pour l’inauguration, je suis venu. »

Le nom du nouveau groupe a sonné comme une évidence pour les élèves qui ont pu voter et l’ont choisi entre plusieurs personnalités. « On est super-fiers de s’appeler Simone-Veil ! Et puis notre école, elle trop belle ! » s’exclament Valentine et Sarah, en CM2. L’école a développé un projet « mixité-égalité hommes femmes » qui aurait sans nul doute touché la femme politique.

Agathe et Juliette, les sœurs jumelles de Valentine, viennent d’intégrer l’école après avoir connu Lyon, petite école maternelle appréciée des parents pour sa taille humaine. Mais Simone-Veil, c’est pas mal non plus, convient Maëlle, la maman. « C’est plus grand. C’est différent. Mais c’est bien aussi ! La greffe a pris ! »

(*) Claude-Nicolas, le cadet, est décédé en 2002.

Source ouest-france

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