Quatre raisons d’aller voir “Rabbi Jacob” avec les enfants

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Le film de Gérard Oury ressort en salles ce mercredi 10 juillet, en version restaurée 4K. L’occasion de faire découvrir aux enfants cette comédie irrésistible sur grand écran.

Rabbi Jacob ressort en salles ce mercredi 10 juillet, en version restaurée 4K. Alors, comme les grandes comédies se partagent de génération en génération, et si possible sur grand écran, et que la tolérance n’a pas d’âge, il n’y a qu’un mot à dire : Yallah !

1) Pour le scénario qui a la grâce

Il était une fois Victor Pivert, un chef d’entreprise réac et raciste, pris pour un rabbin orthodoxe new-yorkais de passage à Paris, et qui, de plus, se retrouve avec les mêmes tueurs à ses trousses que le dirigeant en exil d’un pays arabe. C’est le scénario idéal pour apprendre à découvrir l’Autre, et initier, en accéléré, aux principes de la tolérance. Le célébrissime « Salomon, vous êtes juif ?? » de De Funès à son chauffeur (Henri Guibet) reste l’une des plus simples et efficaces répliques de l’histoire du cinéma pour dénoncer l’antisémitisme. Et le film recèle une séquence incroyable : un catholique et un musulman bénissant avec une réelle émotion le jeune David Schmoll lors de sa bar-mitzva. Ce sera grâce à une levée de châles de toute l’assemblée de la synagogue que Victor et Slimane pourront échapper à leurs poursuivants. A la fin du tournage, Louis de Funès, pieux catholique et homme de droite, déclara que ce film lui avait « décrassé l’âme ».

2) Pour voir Louis de Funès plus grand que nature

Même s’il les a déjà fait éclater de rire à la télé, c’est l’occasion pour vos enfants de voir le petit chauve énervé en version large et restaurée. Qu’ils réalisent qu’il est, en fait, le héros d’un vrai film d’aventures au tempo américain : une course-poursuite de une heure quarante pleine de quiproquos et de rebondissements qui débute à… New York, dans la communauté hassidique de Brooklyn, se poursuit sur la route entre Deauville et Paris dans une DS surmontée d’une barque, passe par le café des Deux Magots et une usine de chewing-gum pour s’envoler sur le pavé de la rue des Rosiers et finir avec un… hélicoptère.

Un véritable cartoon animé par un Louis de Funès qui passe de mimiques hilarantes en borborygmes fous : son regard de complexé rageur face à son épouse plus grande que lui, ses « Ah ! » de frayeur, ou ses bafouillages devant un CRS, incarné par le culturiste Robert Duranton – celui qui lui montrait ses muscles dans la séquence de la douche du Corniaud. L’immense Louis rivalise, aussi, avec Woody Woodpecker en imitant le pivert (« Victor Pivert, comme un pivert, taquata ! taquata ! taquata ! » ). C’est d’ailleurs en voyant, un jour, le comédien imiter un oiseau que Gérard Oury pensa à donner ce patronyme à son personnage.

3) Pour le gag Hollywood chewing-gum

Le meilleur exemple cartoonesque de cette comédie qui défie le temps. Sans voiture et sans chauffeur, Pivert erre dans une usine, entend crier, fuit et glisse sur un toboggan pour tomber dans une cuve de chewing-gum à la chlorophylle. Fraîcheur de vivre ? Enrobé de la tête aux pieds, voilà Louis de Funès encore plus élastique que d’habitude. Mais, pour échapper au patibulaire Farès, faire des bulles à chaque pas n’est pas de la plus grande discrétion ! Sous la mention « usine de chewing-gum », cette blague digne de Jim Carrey attendait sagement, depuis des années, dans le « dossier à gags » où Gérard Oury consignait des idées pour ses futurs films.

Le tournage de la scène dura trois semaines, et le chewing-gum était, en réalité, un mélange de farine de froment, de gruau, de glucose et de colorant pâtissier pour que cette mélasse colle suffisamment mais ne pique pas les yeux du comédien, qui y replongea dix fois avant d’être satisfait de la prise. Les bulles sous ses chaussures ? Des centaines de préservatifs teints en vert et gonflés à la pompe à vélo, mais on peut attendre quelques années avant de révéler cette trouvaille de l’accessoiriste à ses bambins…

4) Pour l’incroyable danse de Rabbi Jacob

Vos enfants connaissent la musique, mais ont-ils déjà vu cette hallucinante scène de danse de Louis de Funès dans la rue des Rosiers, reconstituée, en réalité, dans la rue Jean-Jaurès à Saint-Denis ? Méticuleux, perfectionniste, le comédien de presque 60 ans apprit ces pas au millimètre avec le chorégraphe Ilan Zaoui, 22 ans. Pendant dix jours, les deux hommes se retrouvaient au studio de Boulogne-Billancourt, et Louis répétait en bras de chemise, tricot de corps et chaussons, pendant une heure et demie. Exemple de volonté à donner à vos enfants, mais surtout magnifique rappel, grâce à cette musique venue du hassidisme, que la foi peut s’exprimer par la ferveur de la danse dans un beau mouvement d’ensemble.

Source telerama

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