Le New York Times arrête ses dessins politiques sa caricature antisémite

La réponse à la caricature antisémite
Le New York Times a annoncé lundi qu’il cessait de publier dans ses pages des dessins satiriques dans son édition internationale. Une décision qui intervient un mois après une polémique liée à une caricature jugée antisémite.

Les coups de crayon satiriques s’effacent. Ce lundi 10 juin, le New York Times a annoncé que les dessins politiques qui s’invitaient encore dans son édition internationale allaient disparaître. Un choix justifié par la volonté « d’aligner » l’édition diffusée à travers le monde avec celle publiée aux Etats-Unis. Mais cette décision intervient également un peu plus d’un mois après qu’une polémique a éclaté à cause d’une caricature  antisémite.

Sur son site, l’un des dessinateurs stars témoigne de sa tristesse face à cette décision. Patrick Chappatte partage, en anglais, son seul regret: « Ça fait beaucoup d’années de travail qui restent inachevées à cause d’un seul dessin – qui n’est même pas de moi – qui n’aurait jamais dû être publié dans le meilleur journal du monde ». Une référence à un portrait paru en avril dernier. Sur celui-ci apparaissaient Benjamin Netanyahu et Donald Trump. Le premier ministre israélien y était représenté en chien guide, portant un collier avec une étoile de David, et tenu en laisse par le président américain, aveugle, avec une kippa sur la tête. De quoi déclencher un tollé aussi bien au sein de la communauté juive que sur les réseaux sociaux.


Le quotidien avait présenté ses excuses à plusieurs reprises, décrivant un dessin « clairement antisémite et indéfendable ». Et dans ses propres pages, un journaliste titrait : « Un dessin abject dans le New York Times« . Mais cela n’avait pas suffi. Le directeur de la publication d’un des plus prestigieux journaux américains avait dû aller jusqu’à lancer une procédure disciplinaire et ne plus faire appel à des sociétés extérieures – d’où provenait la caricature – afin d’éteindre le feu des critiques. Aujourd’hui, le quotidien choisit donc d’aller encore plus loin en supprimant définitivement la rubrique.

Face à la sentence, celui qui collaborait avec le quotidien depuis plus de vingt ans est alarmiste. « Peut-être devrions-nous commencer à nous inquiéter », écrit-il, estimant que ces dernières années, certains de ses collègues « ont perdu leur travail parce que leurs éditeurs les trouvaient trop critiques envers Donald Trump ». De quoi pousser l’artiste, qui prête également son crayon aux pages de Charlie Hebdo, à demander aux dessinateurs de se « rebeller ». « Les dessinateurs de presse sont nés avec la démocratie et lorsque les libertés sont menacées, ils le sont aussi. »

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